ONU: Alerte mondiale à la surpêche

ONU - Alerte mondiale à la surpêche
Pour la première fois, l’ONU reconnaît officiellement une baisse des captures d’espèces sauvages en mer. La raréfaction des poissons conduit les pêcheurs à ratisser de plus en plus loin des côtes.

«L’océan nous dit qu’il n’en peut plus mais nous sommes sourds. Les politiques de la pêche sont absurdes et conduisent à la catastrophe.» Le Franco-Canadien Daniel Pauly, responsable de Sea Around Us, un groupe de recherche sur l’état des pêcheries basé à l’Université de Colombie-Britannique (Vancouver), est pessimiste et cite volontiers le cas de la morue à Terre-Neuve.

En 1992, le gouvernement canadien avait décrété un moratoire total sur la pêche au cabillaud (morue) dans l’archipel après l’effondrement des stocks de cette espèce, qui est massivement pêchée depuis le XVIIIe siècle. Depuis, on lit souvent que la population de morue était devenue si faible que l’espèce n’a jamais pu rebondir.

«C’est bien pire que cela, s’insurge Daniel Pauly. En réalité, la pêche n’a jamais cessé, même si elle était beaucoup plus réduite et artisanale. Il y a quatre ans, les morues sont redevenues plus nombreuses, un signe que leur population commençait à se remettre. Mais le gouvernement canadien a immédiatement autorisé la pêche au chalut. Résultat, le stock s’est de nouveau écroulé.»

Cet été, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié son rapport 2018 sur les pêcheries. Elle reconnaît pour la première fois une diminution des captures d’espèces sauvages en mer, avec 79,3 millions de tonnes en 2016 contre 81,2 millions de tonnes en 2015. Selon la FAO, la part des espèces surexploitées est passée de 10% en 1974 à 33% en 2015, tandis que celle des espèces capturées au maximum biologiquement supportable est passée de 50 à 60%. Autrement dit, il ne reste plus aujourd’hui que 7% des espèces qui ne sont pas menacées de surpêche!

Source: https://www.letemps.ch/sciences/alerte-mondiale-surpeche

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