Pêche : Une grande étude régionale pour évaluer l'impact du changement climatique

L'enquête devra connaître une implication de la Banque mondiale (BM) et du Fonds des Nations-Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) avec l'apport des pays concernés tels le Nigeria, la Côte d'Ivoire et le Ghana.

L’on était loin de se douter des effets catastrophiques du phénomène de réchauffement sur la flore africaine. La BM a mis en garde contre une migration forcée des poissons des zones équatoriales vers des zones plus froides. A présent, une crainte se dessine sur l'avenir de nombreuses familles africaines qui vivent de la pêche artisanale. Au moins 12 millions de personnes dépendent de cette activité. Avec la crise qui se profile à l'horizon, des pays comme le Nigéria, la Côte d’Ivoire et le Ghana vont perdre plus de la moitié des revenus générés par la pêche d'ici à 2030. Il y a urgence.

L’on était loin de se douter des effets catastrophiques du réchauffement climatique sur la flore africaine. La BM a mis en garde contre une migration forcée des poissons des zones équatoriales vers des zones plus froides. A présent, une crainte se dessine sur l'avenir de nombreuses familles africaines qui vivent de la pêche artisanale. Au moins douze millions de personnes dépendent de cette activité. Avec la crise qui se profile à l'horizon, des pays comme le Nigeria, la Côte d’Ivoire et le Ghana vont perdre plus de la moitié des revenus générés par la pêche d'ici à 2030. Il y a urgence.

 À ce jour, aucune étude sérieuse ne peut étayer (ou même infirmer) la thèse d’une disparition prochaine de certaines espèces de poissons. Comme le note la BM, il y a tout de même un risque d'impact réel du changement climatique sur l’hydrologie, les ressources naturelles et bien entendu les différents secteurs de l’économie. Par rapport à ce dernier point, les experts de la BM ciblent particulièrement l’agriculture au sens large (intégrant aussi la pêche), le transport et l’énergie.

Selon eux, il s’agit bel et bien d’un sujet de recherche et de débat, mais les effets sur un secteur aussi stratégique que la pêche restent difficiles à cerner sans cette étude. Toutefois, l'on observe une augmentation de la température de l’océan à cause du changement climatique. Autre précision des experts, le réchauffement climatique entraîne une migration incontrôlée des poissons des zones équatoriales vers des zones froides. Par conséquent, l’on assiste à une réduction de la taille des poissons dans l'ensemble de la région. Pire, le phénomène risque, avec le temps, d’amenuiser finalement la quantité des réserves halieutiques, leurs flux migratoires et taux de mortalité.

Une situation effrayante
Les experts de la BM sont unanimes sur le fait que le réchauffement de l’océan a détruit une bonne partie des récifs coralliens d'Afrique de l’est. Il s’agit des sites qui abritent généralement beaucoup d’espèces de poissons. D'où, la réduction des stocks de poissons. La même tendance est signalée en Afrique de l’ouest, plus précisément dans quelques pays de la sous-région. L’élévation du niveau de la mer entraîne des terribles inondations. Et il y a le premier chiffre effrayant de la BM. Selon elle, il faut s’attendre à une baisse de 7,7 % à l’échelle de la planète de la pêche d’ici à 2050. Cela aura pour effet de réduire de 10,4 % les revenus de la pêche. En Afrique, la baisse des revenus va frapper des pays comme le Nigeria (53 %), la Côte d’Ivoire (56 %) e le Ghana (60 %). Au niveau de la sous-région d’Afrique de l’ouest, la baisse attendue est de 26 % et bien plus dans les sous-régions proches de l’équateur.

Des raisons de s’inquiéter
L’ultime raison de s'inquiéter tient de la perspective démographique africaine très alarmante. On sait que le continent va contribuer énormément à la croissance mondiale d’ici à 2030. Actuellement, il produit plus de neuf millions de tonnes de poissons, soit 5 % de la production mondiale. Cette quantité ne suffit pas à nourrir tous les Africains. Et l’on craint surtout de devoir faire face, d’ici à 2030, à une hausse de 30 % de la demande en poissons et produits halieutiques en raison de la forte croissance démographique et de la hausse de la demande. Face à un tel dénouement, la BM appelle à une mobilisation générale sur l’avenir d’un secteur vital déjà menacé par la montée des activités illégales de pêche. En cas de régression, l'Afrique enregistrera annuellement au moins 1 % de baisse du stock des poissons d’ici à 2030.

La réponse à cette crise majeure qui se profile déjà à l’horizon implique plusieurs aspects. L’Afrique doit mieux orienter les investissements en faveur d’une pêche durable et propre. Cela exigera des politiques publiques plus efficaces. Sur ce point, il faut signaler une offensive intéressante de la RDC qui veut développer des industries de pêche, pisciculture ainsi que leur transformation et conservation. Le grand danger est de naviguer en terres inconnues, sans des connaissances suffisantes sur le secteur. Aussi la BM rappelle-t-elle le bienfondé du lancement prochain de cette étude régionale dont le projet a été approuvé déjà par l’Union africaine. Elle sera menée sur le terrain par la BM et la FAO avec le soutien des pays concernés. L’objectif recherché est justement de dresser une cartographie des littoraux les plus vulnérables sur le continent et d’évaluer les risques liés au changement climatique. Enfin, l’étude proposera des actions pour stimuler le potentiel de pêche en Afrique. Nous y reviendrons.


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